Mercredi 2 décembre 2009 3 02 /12 /Déc /2009 22:13


Le rendez-vous,

Le train roule dans un bruit de ferraille,
Il n’est pas très rapide, c’est un autorail.

C’est  un gentil tortillard,
Qui s’arrête à toutes les gares.

Bordeaux Saint Jean,
Terminus, tout le monde descend.

Le petit paysan n’est pas très tranquille,
Il n’est pas habitué aux bruits des grandes villes.

Comme pour déjeuner il n’a pas un sou,
Il se dirige lentement vers son lieu de rendez-vous.

C’est un très beau parc naturel,
Entouré de maisons et de jolies ruelles.

Il y a des grands arbres, de jolis plans d’eau,
Des parterres de fleurs et de beaux oiseaux.

Les promeneurs marchent d’un pas lent,
Dans les allées fleuries aux couleurs du temps.

Le petit paysan reste béat ; subjugué,
De voir qu’en ville aussi, la nature à le droit de cité.

Rêveur, il s’assied sur un banc,
Ne pensant plus qu ‘à celle qu’il attend.

Soudain, la nature fait silence,
Au loin, voici qu’elle s’avance.

Sa démarche est légère, chaloupée,
Sa silhouette gracieuse, distinguée.

Très séduisante, son visage merveilleux,
Elle ponctue sa beauté par un sourire radieux.

Heureux, ils s’enlacent tendrement,
Plus rien ne compte pour eux, que ces doux instants.

Ils passent ainsi quelques heures à flirter,
A se dire des « je t’aime »  et à faire des projets .

Mais voilà qu’il faut déjà partir,
Personne ne sait trop comment le dire.

Comment donner ce dernier baiser,
Desserrer cette main qu’on ne veut plus lâcher.

Le cœur brisé, des larmes plein les yeux,
C’est le moment de se dire adieu.

Elle s’éloigne d’un pas lent,
Agite sa main en se retournant.

Sa magnifique silhouette se perd au loin,
Emportant avec elle son délicieux parfum.

La tête vide et toujours le ventre creux,
Le petit paysan rejoint son milieu miséreux.

Les yeux clos, bercé par les mouvements du train,
Il a beaucoup de mal à cacher son chagrin.

Il garde sur sa bouche ce nectar sucré,
De son rouge à lèvres, de ses doux baisers.

Il revit maintenant et pour longtemps encore,
Leurs étreintes sublimes, la chaleur de son corps.

Son cœur part à la dérive et chavire,
Pour sa belle, il est ivre de désir.

Il est sur un nuage par l’amour transporté,
Pour cette fille aux yeux de biche qui l’a ensorcelé.

D’une grande candeur, sans aucune expérience,
Il croit en la vie, au monde il fait confiance.

Pauvre petit paysan, fallait-il que tu sois orgueilleux,
Pour penser qu’une princesse pouvait aimé un gueux.

                                           Lutin G-P








Par Lutin - Publié dans : Amour - Communauté : LES ANCIENS D'ORANGE
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  • Je suis retraité formateur en permis bateau. Né à la campagne, j'ai appris le métier de forgeron-serrurier puis, ce fut la plongée vers les abîmes de la vie.
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