Je suis mort, il y a longtemps, un soir de juillet,
Près d'une petite cabane abandonnée.
Tué, moralement, par des aveux maudits,
Qui ont brisé les projets de toute une vie.
Je suis pourtant d'un naturel gentil et tendre,
Par le désespoir, la colère je me suis laissé surprendre.
Aujourd'hui je regrette profondément,
D'avoir fait du mal à la femme que j'aime éperdument.
Enfants nos rêves n'étaient pas si fous,
Nous avions l'avenir pour nous.
Nous voulions vivre un grand amour,
Tous les deux, unis pour toujours.
J'avais pour toi les yeux de Chimène,
Tu étais ma Princesse, ma Fée, ma Reine.
J'avais inventé des mots très tendres,
Pour te les murmurer lorsque nous aurions vécu ensemble.
Des mots d'affection, d'infinie tendresse,
Que j'aurais accompagnés de douces caresses.
Des gestes amoureux, des câlins divins,
Que je voulais aussi, un peu coquins.
Je voulais t'apporter la joie, le bonheur,
Te donner mon âme, le meilleur de mon coeur.
D'autres, en mon absence, t'ont appris le désir, l'amour, le plaisir.
Autant de vertiges sublimes, que je n'avais jamais eu le droit de te faire découvrir.
Il étaient sans doute beaux garçons ; des Eros , des Apollons.
Tout le contraire de moi le Quasimodo, l'avorton.
Bien sûr, mes lettres ne pouvaient remplacer des baisers brûlants,
Une main caressante sur ton corps ardent.
Personne ne saurait te reprocher d'avoir profité de ta jeunesse,
Moi aussi, j'ai connu des moments d'ivresses.
Nous aurions dû parler de tout cela franchement,
Avant de prêter serment devant tes parents.
Nous ne nous serions pas autant déchirés,
Nous aurions surtout beaucoup moins pleuré.
J'ai gardé dans ma gorge mes phrases sibyllines,
Rangé ma fierté, mon orgueil au fond d'une cantine.
Tu ne connaîtras pas mes mots choisis,
Comme je n'ai pas connu l'intimité de ta vie.
Personne d'autre, jamais, ne les entendra,
Je les avais inventés rien que pour toi.
Ce sont pourtant de jolis mots d'amour,
Aussi forts que les sentiments que j'ai pour toi depuis toujours.
J'envie celui qui est aimé de toi,
Il doit être merveilleux, heureux comme un roi.
Non, nos rêves d'enfants n'étaient pas si fous,
Adultes, nous aurions dû tenir nos promesses c'est tout.
Il était une fois un petit jardinier,
Très pauvre, malingre, mal habillé;
Courageux mais un peu galopin,
Qui ne mangeait pas tous les jours à sa faim.
Un jour une bonne fée déposa dans son jardin,
Une plante rare, jeune et jolie.
Elle lui dit: "si tu en prends grand soin,
Elle te donnera une fleur unique que tu garderas toute ta vie".
Ravi le petit jardinier, qui ne connaissait personne alentour,
Choya sa plante. Il allait la voir aussi souvent que possible;
S'assurait que rien près d'elle n'était nuisible;
Pensait à elle jour et nuit et lui disait des mots d'amour.
Chaque année, sa plante devenait plus jolie.
Elle grandissait, prenait des formes;
Avait de beaux atours et une beauté hors normes.
Il était fier d'elle et l'aimait à la folie.
Las de sa pauvreté, et pour sa belle voulant décrocher la lune,
Le petit jardinier décida de partir chercher fortune.
Il alla voir sa plante juste avant son départ;
Il la caressa tendrement. Elle promit de ne pas fleurir avant de le revoir.
Pendant son absence, la jolie plante attirait les regards;
Et de toutes parts, recevait moult égards.
On lui parlait gentiment;
La caressait amoureusement.
Et puis un autre jardinier est venu.
Il était beau, savant, bien vêtu.
Il lui offrit des cadeaux. Elle apprécia son empressement,
Elle qui était délaissée depuis si longtemps.
Sous ses caresses et ses belles paroles,
La jolie plante céda, ouvrit sa corolle.
Il cueillit sa belle et unique fleur un jour de mai;
Sans savoir qu'il brisait deux vies à tout jamais.
Lorsque le petit jardinier fut de retour,
Il courut voir son bel amour.
Il s'aperçut qu'un autre était passé, hélas;
Pour cueillir le fruit qu'il pensait avoir à sa place.
Le petit jardinier le coeur brisé, s'effondra de chagrin.
Il pleura toutes ses larmes le jour, la nuit du soir au matin.
Il n'était plus lui-même,
Devenait méchant pour noyer sa peine.
La vie du petit jardinier, floué, n'avait plus aucun sens;
Les regrets, la tristesse marquèrent son existence.
Jamais il ne put se consoler,
De son joyau ainsi volé.
Il ne revit plus sa plante adorée,
Mais jamais il ne put l'oublier.
Moralité:
Il ne faut pas sacrifier l'amour au profit;
Sous peine de perdre à tout jamais, ce que l'on a de plus précieux dans la vie.
Je ne sais pas où tu es. Je ne connais plus ton nom. Alors, je profite de ce moyen de communiquer pour t'adresser un message d'amour, de remords
et de regrets aussi. Nous aurions pu avoir ensemble une belle histoire d'amour mais la vie en a décidé autrement.
Tu étais une jolie petite bordelaise qui venait chaque été, passer ses vacances dans mon petit village de campagne accompagnée de ta
grand-mère et de ta soeur Claudine. Nous nous croisions de temps à autres et nos échanges de regards en disaient déjà beaucoup sur nos sentiments. Une fois, nous nous sommes trouvés seuls sur un
petit pont au-dessus d'une rivière. Tu étais belle. J'avais follement envie de t'embrasser mais, trop timide, je n'ai pas osé.
Les années ont passé et ce qui n'était qu'une amourette enfantine est devenu un véritable amour. Comme nous n'habitions pas le même département,
nos rencontres étaient épisodiques, en cachette de tes parents, le plus souvent dans un jardin public. C'est là, au milieu des promeneurs et en présence des oiseaux que nous avons échangé notre
premier baiser.
Et puis, j'ai dû m'absenter à l'étranger pour des raisons professionnelles. Je t'ai quittée alors que tu n'étais qu'une toute jeune fille.
Lorsque je suis revenu, trente mois plus tard, j'ai retrouvé une jolie femme épanouie, élégante, ravissante et séduisante avec de beaux cheveux bruns et des jolis yeux tendres.
Je ne comprends toujours pas comment j'ai été assez stupide, naïf, égoïste et orgueilleux pour penser que tu pourrais sacrifier ta jeunesse pour
un amour platonique et furtif. J'étais toujours absent. Nous n'étions pas mariés; pas même fiancés. Tu n'avais pas de comptes à me rendre. Je n'avais pas de reproches à te faire. Je n'ai pas su
t'aimer. J'étais jaloux et je n'ai pas vu plus loin que le bout de mon nez. C'est toi qui avais raison; je ne te méritais pas. Nous nous sommes séparés. Cependant, mon plus grand souhait a
toujours été que tu sois heureuse.
J'arrive à la fin de ma vie. je sais maintenant que l'on peut aimer plusieurs fois mais qu'il n'y a qu'un seul et unique grand, véritable amour.
Pour moi c'est toi. Je me souviens du moindre détail te concernant comme si nous nous étions quittés hier et pourtant, cela fait plusieurs décennies. Lorsque nous nous sommes séparés, tu
m'as dit: " j'espère que tu seras très malheureux". Tu as gagné. Ta prophétie était bonne tu ne peux imaginer à quel point. Quand ma souffrance est trop forte, je me tourne vers le passé. Je
me réfugie dans tes bras par la pensée, c'est là que j'ai toujours été le mieux pour trouver un peu de tendresse et de réconfort. Tu as été ce que j'ai eu de plus beau. J'ai été cruel avec toi.
Ma vie aura été une longue et douloureuse punition que je mérite pour t'avoir fait du mal et que j'accepte car elle est la justice de Dieu.
Par ce message je veux simplement que tu saches, si tu prends le temps de le lire, que je ne suis jamais resté indifférent à notre séparation.
Je suis le seul responsable de ce qui nous est arrivé et depuis tout ce temps, je suis rongé par les remords. Par la pensée, tu as été présente à chaque instant à mes côtés; c'est ce qui m'a
donné la force de me battre.
Que Dieu te protège, toi et ceux que tu aimes.
Mon bel amour, nous ne nous reverrons plus. Je t'ai toujours aimée. Jusqu'à mon dernier souffle je garderai pour toi un amour
éperdu.
Je suis retraité formateur en permis bateau. Né à la campagne, j'ai appris le métier de forgeron-serrurier puis, ce fut la plongée vers les abîmes de la vie.
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